vendredi 19 décembre 2014

grève au Fil - Saint Etienne

Suite au préavis de grève du 19 décembre 2014  déposé par la CGT Spectacle, l'équipe technique du Fil à Saint-Etienne a voté la grève à la majorité.

 

En effet, la dernière journée des tables de concertation du 17 décembre a été consacrée au chiffrage par l'Unedic des propositions alternatives de la CGT, du Syndeac et de la CIP.

 

L'Unedic admet enfin que nos propositions ne sont pas plus couteuses que la réforme imposée depuis 2003, et aggravée par la Convention Unedic du 22 mars 2014.

Ainsi, tout ce que nous disons depuis 11 ans a été confirmé : une réforme juste est possible sans aucun surcoût.

 

Le choix est donc bel et bien politique, et pas économique.

 

Rappelons encore que 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés.

 

La balle est maintenant dans le camp de ceux qui décident, nous avons tous les arguments pour les faire changer de cap.

 

Le mouvement devra être à la hauteur si nous voulons transformer ce jour historique en jour de justice pour tous.

 

Nous invitons donc chacun d'entre vous à nous rejoindre sur place, au Fil, ou dans la grève.

 

L'Equipe Technique du Fil, et le CIP 42.

vendredi 11 juillet 2014

Décryptage de l’accord Unedic du 22 mars 2014

L’analyse fouillée de la nouvelle réglementation révèle qu’elle touchera tous les chômeurs. 
Le croisement des différentes règles qu’elle instaure va fabriquer une machine infernale d’exclusion et de fragilisation, qui poussera chacun à accepter de travailler dans la plus grande précarité, à prendre tous les petits boulots qui se présenteront.

Décryptage de l’accord Unedic du 22 mars 2014 concernant les chômeurs du régime général, les intérimaires, les salariés victimes d’un licenciement injustifié, les intermittents du spectacle et les chômeurs seniors.

Pour mémoire, 9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté en France.
Le développement d’une main d’œuvre malléable découle des options politiques et économiques du gouvernement et des partenaires sociaux signataires.
L’opacité, l’obscurité, la complexité de ce texte, à l’inverse de la prétendue simplification annoncée, obligera le chômeur à se transformer en expert de sa propre situation. En face, les agents Pôle emploi surchaufferont par la multiplication des dossiers générant des blocages, des indus et des failles d’interprétation.
Comme précédemment en Allemagne, en Grèce, en Espagne, en Italie, nous assistons au processus européen de démantèlement de l’assurance chômage et de précarisation des salariés.

Nous, chômeurs au régime général,

Serons encouragés à accepter, plus ou moins « librement », n’importe quel petit boulot à n’importe quel prix, face à la permanente nécessité de recharger un « capital » de droits à allocations. Nous perdrons la lisibilité de nos droits à l’indemnisation, et verrons, pour beaucoup, nos allocations baisser.
Rappelons que, aujourd’hui, 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés. Or, pour bénéficier des droits rechargeables, il faudra déjà avoir pu ouvrir des droits, une première fois, sur une période de 122 jours d’affiliation sous contrat ou 610H de travail (4 mois) minimum. C’était déjà le cas pour une ouverture de droits au régime général, selon le principe « 1 jour employé = 1 jour indemnisé ». Avec les nouvelles règles, si cette 1ère ouverture de droits s’effectue sur des petits CDD mal rémunérés, les droits seront ouverts à un petit taux.
Contrairement à ce qui se fait actuellement, un contrat mieux rémunéré au cours de la période d’épuisement du capital ne pourra pas changer le montant de l’indemnité.
C’est à l’épuisement total de ces droits ouverts (un « capital ») qu’interviendront,automatiquement et sans dépôt de dossier, les droits rechargeables.
Il faudra avoir travaillé au minimum 150 heures pour pouvoir recharger ses droits.
C’est donc la course aux petits boulots qui va s’amplifier ! Du pain béni pour les employeurs (en 10 ans l’utilisation du CDD de moins d’1 mois à plus que doublée !)...
Le calcul des droits s’effectuera sur la base des documents (attestations d’employeurs) dont dispose Pôle Emploi. Le demandeur d’emploi aura 30 jours pour le compléter, s’il veut que toutes les heures travaillées soient bien prises en compte.
Sans réponse du demandeur d’emploi dans les temps, les droits rechargeables seront ouverts sur les seuls activités connues du système informatique… Cauchemar d’indus en perspective, en cas de régularisation ultérieure !...
Pendant la période d’indemnisation, les salaires perçus feront baisser le montant de l’allocation versée en complément.
Un nouveau calcul diminuera le nombre de jours indemnisés dans le mois, ce qui rallongera la période d’écoulement des droits et entraînera une perte de visibilité.
Nous savons de quoi nous parlons : en 2003, a été mis en place un principe de droits rechargeables de 243 jours pour les intermittents du spectacle (très différent de l’ancien principe de date anniversaire sur 12 mois). Depuis 2003, les salaires ont chuté dans ce secteur. Pourquoi ? Parce que même les employeurs qui auraient les moyens de payer correctement les salariés ont bien compris qu’ils pouvaient les employer à un prix moindre. Et que, si les salariés l’acceptent, c’est parce qu’ils ont d’abord besoin de faire leurs heures. À n’importe quel prix !

Nous, intérimaires,

Verrons l’annexe dont nous dépendons vidée de toute substance et nos règles d’indemnisation alignées sur le régime général.
Pour plus de 70% des intérimaires, l’accord entraînera une baisse de revenus qui atteindra, en moyenne, 200 euros par mois.
Le nouveau calcul du différé d’indemnisation pourra en doubler la durée.
La liste des bénéficiaires de l’annexe 4 changera.
Dans la future convention, l’annexe 4 ne concernera plus les salariés intermittents (vacataires, y compris ceux de l’éducation nationale, extras de l’hôtellerie, enquêteurs..), mais EXCLUSIVEMENT les salariés des agences d’intérim.
Tous les autres basculeront dans le régime général. Déjà mal rémunérés, ils seront encore moins bien indemnisés qu’ils ne l’étaient, puisque leur journée de travail ne vaudra plus 10H mais 5H.
Cette mesure concerne des centaines de milliers de personnes, travaillant pour la plupart dans l’événementiel (tourisme compris), qui se verront privées de la moitié de leurs revenus et qui devront accepter n’importe quel salaire en intérim, pour sauvegarder un minimum de droits.
Cette (contre-)réforme de l’annexe 4 est la suite logique de la suppression des règles d’indemnisation spécifique au chômage saisonnier, en 2011.

Nous, salariés victimes d’un licenciement injustifié,

Serons dissuadés de faire usage d’un droit essentiel, celui de saisir le Conseil des Prud’hommes, suite à un licenciement injustifié.
Suite à une rupture conventionnelle (d’un commun accord) ou à un licenciement, nous verrons notre indemnisation repoussée jusqu’à épuisement des indemnités supra-légales, pour une période pouvant aller jusqu’à 180 jours (au lieu de 75 avant cet accord).
Rappelons que ces indemnités permettent :
* à un salarié âgé de quitter son emploi avant de pouvoir faire valoir ses droits à la retraite ;
* aux victimes de plans sociaux de faire face aux conséquences de ce dernier, en obtenant réparation du préjudice que constitue un licenciement abusif sur décision du tribunal des prud’hommes.

Nous, chômeurs seniors,

Verrons mis en cause le maintien de nos allocations jusqu’à l’âge de départ à la retraite.
Les plus de 65 ans feront l’objet d’un « prélèvement de solidarité » sur leur rémunération, qui sera versé au régime d’assurance chômage (contribution spécifique de solidarité de 6,4%).

Nous, intermittents du spectacle,

Verrons nos annexes à nouveau mises à mal avec cette convention.
D’abord, parce quelle reconduit le protocole de 2003, malgré la force des propositions, élaborées et mutualisées depuis 10 ans.
Nous savons que les réformes de 2003 ont entraîné de très nombreuses ruptures de droits et 70% de précarité supplémentaire (nombre d’entre-nous ont basculé au régime général).
Ces réformes sont aggravées par les nouvelles règles inscrites dans l’accord 2014 :
* Un différé d’indemnisation sera appliqué aux salariés touchant un salaire mensuel à partir de 900 euros. Ce différé pourra facilement atteindre 1 mois. Cette mesure injuste frappe des salariés à revenus moyens. Cette mesure touchera 47% des intermittents (l’ancien différé, mis en place pour les salaires les plus élevés touchait seulement 9% des intermittents indemnisés).
* Les cotisations sociales seront augmentées de 2%, ce qui aura un réel impact sur les petites compagnies les petites productions.
* Par contre, le plafond salaire/indemnités sur lequel le ministre du travail communique tant, est tellement élevé qu’il ne touchera... pratiquement personne !
* D’autre part, comme c’est déjà la règle, un intermittent travaillant à la fois au régime général et au sein des annexes 8 et 10, qui ne réussit pas à travailler 507H en 319 ou 304 jours, bascule au régime général.
Avec les nouvelles règles, si dans cette nouvelle période d’indemnisation, il effectue, à l’épuisement de ses droits, entre 150 et 506H en cachets spectacle, il se verra appliqué les « droits rechargeables » et sera automatiquement réadmis au régime général, pour une durée variant entre 30 et 102 jours. Les heures ayant servi à cette recharge ne pourront plus être utilisées en ouverture de droits dans l’annexe 8 et 10. Il deviendra difficile d’ouvrir à nouveau des droits dans les annexes.
D’autres pièges se glissent dans cette convention : blocage de paiement pour les mois suivants si un mois n’est pas régularisé par un bulletin de salaire, blocage des indemnités dès 3 mois d’absence de paiement d’allocation pour une reprise d’emploi, génération d’indus par la réglementation et autres réjouissances que la finalisation du décryptage nous réserve peut-être...
Toutes ces règles ne donnent aucune lisibilité au demandeur d’emploi pour se projeter. C’est le court terme qui est priorisé, la recherche d’emploi à tout prix !


Cet accord s’inscrit dans la logique de l’alignement des annexes vers le régime général, lui-même sévèrement touché. Nous y lisons la promesse d’un régime unique, et, avec elle, la casse des droits sociaux.
Son objectif est la diminution des dépenses de l’assurance chômage, en passant par l’application de nouvelles règles d’indemnisation, celles-ci visant à faire des économies sur le dos de ceux qui paient déjà « la crise » : les chômeurs.

samedi 5 juillet 2014

Compte rendu d'une intervention à trois voix au Fil SMAC de Saint-Étienne


Une prise de parole collective de membres de la CIP 42 ou non. Bénéficiaires du régime de l'intermittence ou non... Mais solidaires et porteurs d'une croix blanche. Une parole soutenue par de solides présences silencieuses. Celle de la nécessité de nous réunir, d'une prise en charge individuelle pour une lutte collective, et en dehors de toute organisation syndicale pour une dénonciation claire des négociations à huis clos entre l’État et les partenaires sociaux majoritaires, ainsi que la guerre idéologique menée par le MEDEF contre le système d'assurance chômage des intermittents du spectacle. Régime qui pourrait faire école, et être élargi à l'ensemble des travailleurs précaires, chômeurs du régime général, chômeurs seniors, employés en contrat court, vacataires, intérimaires, saisonniers, salariés victimes d'un licenciement injustifié...

Une parole contre la casse des droits sociaux suivie d'une analyse du démantèlement de l'assurance chômage et de précarisation des salariés chez nos camarades et voisins européens. Le droit de grève menacé en Espagne. Le financement de la culture abandonné en Italie...
Et conclure avec le témoignage de la difficulté de vivre sereinement les périodes d'inactivité "salariée" pour nombre de professionnels du spectacle. Dire aussi, avec humilité, notre difficulté parfois à offrir un décryptage clair du nouvel accord Unedic, et saluer le travail des groupes de travail et/ou commissions des différentes CIP comme pour encourager chacun à s'en rapprocher. Pour s'informer. Pour ne plus rester seul avec ses a priori, ses idées reçues ou ses interrogations.

Nous ne nous plaignons pas, nous appelons chacun, chacune à dénoncer cette politique du tout économique, et nous persuader qu'ensemble, nous trouverons la force et la lucidité de répondre à l'urgence de dire NON ! Reprenons notre vie en main avant que toutes nos actions pourrissent sur place, et que le jeu de la division des cosignataires de la crise, nous pousse à oublier que nous sommes des êtres libres artistiquement mais aussi politiquement ! Organisons des débats après chaque spectacle et répondons ainsi à la demande de spectateurs, de concernés ou non. Parce qu'on se heurte à la colère insinuée par le jeu gouvernemental qui a prévu de nous opposer : public contre professionnels du spectacle, permanents contre intermittents, précaires contre précaires, grévistes contre non-grévistes...
Alors que nous avons tous des aspirations semblables et ne pas souffrir plus longtemps d'une culture à l'agonie, nous invitons toutes celles et tous ceux qui ont participé, hurlé leur colère, offert leur soutien, interrogé leurs a priori à une des actions de ces derniers mois, à se rejoindre. Envahissons nos villes, nos places publiques et votons, envisageons la grève chacun à sa mesure, chacun à son rythme, de manière souveraine, comme une réelle nécessité de reprendre le temps de nous parler, de requestionner nos vies et ce que représente "le travail", ou une pratique professionnelle, une activité salariée ou non.

Ensemble, nous gagnerons la course contre la fatigue financière et morale, et trouverons la force de remettre en question notre manière de penser, de consommer, de travailler, de vivre... sans cette peur viscérale d'être montré du doigt ou celle du lendemain. Tenter de sortir de la culpabilité. Vaincre la fragilité sociale et psychosociale qui empêche ! Personne ne devrait continuer de croire qu'il est un assisté, un fainéant, un inutile, un profiteur, un sans-talent... Retrouver aussi la force de refuser un emploi, ou simplement, ne pas tout accepter et savoir rester debout, respectueux de ses propre désirs ou réalités. Faire face aux menaces, à la peur de perdre bien plus qu'un emploi : ses indemnisations, ses prestations sociales, la maigre liberté financière parfois nécessaire à sa survie... La terreur s'installe vite, l'angoisse de devenir ou d'être suspecté d'assistanat volontaire et les dérives de ça. Alors oui, le lien solidaire, l'entraide peut libérer, nous paraît essentiel pour ne pas rester en apnée et dire ses colères, ses joies aussi. La frontière entre chômage et exclusion est extrêmement fine et fragile. Et à noter, une forme de "racisme" linguistique, administratif, qui peut générer un sentiment de honte, de gêne à ne pouvoir se défendre, se raconter, et donc lutter.

Voilà pourquoi, nous devons mettre de l'humain au cœur de la réflexion et nous élever contre celles et ceux qui pensent que nous ne sommes représentatifs de rien !

Nous ne nous laisserons pas être contrôlés et exclus... Nous ne sommes pas de dociles marionnettes, nous sommes celles et ceux qui les fabriquons ! Oui, nous sommes des fabricants, des faiseurs, des réalisateurs, des bricoleurs, des artistes et des techniciens, des femmes et des hommes conscients et libres de fabriquer leur vie. Pas des trafiquants. Ni des casseurs, ni des irresponsables... Non !

En sortant de tous les "chez soi", en étendant la solidarité, en passant par-dessus les divisions, en s'obligeant à des convergences intelligentes, on peut rêver d'une lutte d'ensemble, ensemble. Retrouvons-nous donc, toutes et tous, et organisons-nous pour vivre ce qui reste de plus solidaire, de plus humain de ces temps de luttes et en dehors des clivages qu’on nous impose.

Parce que contre une espèce de mépris général et obstiné, nous aurons l'impertinence de rester debout et la fantaisie de continuer de dire NON ! Sur tous les tons ! Parce que de plus en plus rassemblés. Parce que de mieux en mieux informés !

Nous ne sommes pas les seuls, en tant qu'artistes ou techniciens, cotisants, bénéficiaires du régime de l'intermittence ou non, à être confrontés à la fragilité de l'emploi, raison pour laquelle nous sommes solidaires et engagés.

Le temps de l'intermittence est notre temps de réflexion, de formation, de création, notre temps commun. Une passerelle nécessaire et vitale.
Pour que l'art ne soit pas juste lié à la circulation du capital, il nous faut lui redonner une valeur. Et ne jamais taire ce qu'il y a de relevant à s'engager alors que la précarité est là et qu'ON s'emploie à la produire pour nous.

Ensemble, nous saurons décoloniser notre imaginaire de la violence de l'économie capitaliste, réinventer - sans illusion – le politique, et aujourd'hui et tous les autres jours seront le jour idéal !

L'art et la pensée, avec pour horizon, une autre idée de la démesure : celle d'une politique culturelle cohérente ! Celle du partage !

Parce que la culture est un élément essentiel voire fondamental à notre survie, parce que les intermittents sont des professionnels du spectacle, et pour empêcher qu'ils ne continuent à être transformés en bénévoles ou stagiaires de la production du spectacle vivant rentable, parce que les intermittents sont partout, nous ne nous laisserons pas enterrer sans bruit !
Et nous continuerons de signer que ce que nous défendons, nous le défendons pour tous !


mercredi 2 juillet 2014

Nous exprimons clairement notre désaccord vis-à-vis de cette réforme qui prévoit :

Dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 mars, un « accord » sur l’assurance chômage a été conclu. Les conditions mêmes de ces « négociations » sont scandaleuses.
Le 26 juin, le gouvernement a signé une réforme de l'assurance chômage qui a pour conséquences de précariser d'avantage les travailleurs, chômeurs et précaires. 
Nous ne luttons pas seulement pour les secteurs culturels, mais nous combattons pour la sauvegarde et la défense des protections sociales de tous !

Nous exprimons clairement notre désaccord vis-à-vis de cette réforme qui prévoit :


Pour tous les chômeurs :
- Mise en place des « droits rechargeables » qui va inciter à la course aux petits boulots et au travail non déclaré.
- Mise en place d'un différé d'indemnisation pouvant aller jusqu'à 6 mois (180 jours). Ce différé est en fait une carence qui touchera jusqu'aux plus petits salaires : à partir de 900€/mois.
- Dissuasion de recours judiciaires : perte des indemnités de licenciement obtenues par la lutte ou des dommages et intérêts gagnés aux prud'hommes, par le report de l'indemnisation chômage ou d'une ponction directe par Pôle Emploi...

Pour les intérimaires (annexe 4) :
- Seuls resteront protégés par le régime spécifique les salariés des agences d'intérim.
- Les intérimaires de la fonction publique, vacataires, extra de la restauration ... basculeront au régime général sans aucune protection contre les licenciements. De plus, pour ceux-ci, un jour travaillé qui comptait pour 10h ne comptera plus que 5h pour le calcul des droits...

Pour les seniors :
- Recul des allocations spécifiques des seniors à 62 ans. Une personne de 60 ans au chômage non indemnisé basculera donc au RSA.
- Les actifs de plus de 65 ans continueront de cotiser à l'UNEDIC...

Pour les intermittents (annexes 8 et 10) :
- Prise en charge par l'État du différé d'indemnisation hors solidarité interprofessionnelle !!!
- Augmentation des cotisations sociales de 2 %, dont une baisse du salaire net.
- Glissement progressif et quasiment irrémédiable des intermittents précaires (plus de 100 000 personnes) au régime général avec le système des droits rechargeables...

Ce n'est qu'une étape d'une politique de casse des droits sociaux et d'un projet global d’austérité. Les réformes à venir à la rentrée concernent la sécurité sociale, l'éducation, les collectivités locales, la fonction publique afin de faire pas moins de 50 milliards d'économies.

Le Comité de suivi de la réforme de l’intermittence travaille depuis 10 ans sur des contre-propositions justes, adaptées et pérennes qui peuvent devenir une solution ! Encore faut-il le vouloir ! Ce que le peuple prend, il l'obtient ! L.Michel.
Convergence des luttes !!!

lundi 30 juin 2014

Le Droit de Grève et de manifester ne sont pas négociable.

APPEL A MOBILISATION : Lyon, 1er juillet 2014 

Rassemblement à Lyon le 1er juillet en soutien au procès de la ferme - usine des 1000 vaches pour dénoncer la répression syndicale

RDV À 10 h30 AU PALAIS DE JUSTICE HISTORIQUE DE LYON 1 rue du palais – 69005 Lyon – quai de Saône (Vieux Lyon)

Des cheminots qui font grève sont considérés comme des inconscients qui prennent les usagers en otages

Des paysans qui démontent à visage découvert quelques pièces d’une machine à traire, qu’ils vont ensuite remettre au ministre, sont traités de saccageurs qui portent atteinte à la propriété privée...

Des intermittents du spectacle qui dénoncent la précarisation de leur statut sont soupçonnés de porter une atteinte grave à l’économie

Depuis quelques années, toute action syndicale risque de conduire ses responsables en garde à vue, devant un tribunal ou à un prélèvement d’ADN ... comme des individus dangereux.

Aujourd’hui le repli sur soi, la main mise de la finance sur l’économie conduisent à la criminali sation de l’action syndicale : le droit s’en va !

Les grandes luttes du 19 ème siècle, qui après de nombreux sacrifices humains, ont permis de gagner le droit d’association, le droit de manifester, le droit de grève... sont maintenant foulées au pied.

Qui oserait remettre en cause la suppression des 80h hebdomadaires de travail ?
Qui oserait dénoncer les congés payés ?
Qui oserait dénoncer l’obligation du repos hebdomadaire ?
Qui oserait s’opposer à la liberté de créer une association ?
Qui...

On pourrait écrire des pages sur les avancées obtenus par ces militants, ces anonymes qui un jour ont refusé d’aller au travail pour défendre l’intérêt collectif, perturber l’ordre établi. Il est plus facile de critiquer bien assis dans son fauteuil que d’aller rencontrer ces syndicalistes et comprendre l’enjeu de leurs luttes.
Il n’est pas de Bastille qui soit imprenable avec la solidarité. Résister est un droit et un devoir.

Confédération paysanne Rhône Alpes

26 juin 2003 – 26 juin 2014



Le gouvernement a fait paraître ce jour du 26 juin au journal officiel son agrément à la nouvelle convention d’assurance chômage. Cette date anniversaire, nous la connaissons.

Pour certains le 26 juin 2003 marque le début de la lutte, pour les plus fragiles : la perte de leurs droits, pour les salariés à haut revenus : des assedics de compléments qu’ils ne percevaient pas auparavant, pour les annexes 8 et 10 : un principe de capitalisation préféré à un principe juste et redistributif. Ce 26 juin pourrait se résumer en une phrase : ce sont les exclus du régime qui financent les assedics versés aux salariés à haut revenus. Ce 26 juin 2003 marque aussi le grand amour et l’immense solidarité du parti socialiste pour les intermittents du spectacle. Ainsi François Hollande, en mars 2004, venait écouter avec un très grand intérêt nos contre-propositions à l’Assemblée Nationale, Jean-Marc Ayrault les signait à l’unanimité pour l’ensemble du groupe socialiste, François Rebsamen l’actuel ministre du travail les validait encore le 9 mars dernier. Oui, pour nos amis socialistes, il n’y avait pas pire que cet accord du 26 juin 2003 que la méchante droite par la plume d’un autre François (Fillon) avait osé agréer. Manuel Valls dans son dernier discours s’est souvenu un instant de ses promesses passées : il a dans la même phrase critiqué l’horrible accord du 26 juin 2003 et précisé que, par contre, celui du 22 mars 2014 n’aurait aucune conséquence puisque le problème du différé d’indemnisation était pris en charge par l’état (de manière provisoire) !

Ne pouvant ignorer que l’accord du 22 mars est le renouvellement en pire de celui du 26 juin (la surcotisation de 2% est toujours oubliée) Manuel Valls a, en 10 secondes, retourné sa veste battant Rebsamen à plat de couture. Cependant le premier ministre, pour se réconcilier avec lui-même, a décidé que l’accord du 22 mars serait légitimement appelé accord du 26 juin, rejoignant ainsi son jumeau d’il y a 11 ans.

Ainsi, nous n’avons même plus à commenter, les journalistes le font eux-mêmes : cynisme, inconséquence, mépris sur le choix du calendrier. Tels ont été les trois mots qui ont été le plus souvent prononcés aujourd’hui. A cela j’ai répondu que le premier ministre était particulièrement attaché à la date anniversaire. Cela tombe bien, nous la réclamons.
Et maintenant que cet agrément a été donné, qu’allons-nous faire ?

Il va falloir faire preuve d’intelligence, d’imagination, de sens politique, et de détermination. Et l’histoire montre que nous n’en avons jamais manqué.

Le piège qui nous est tendu est là. Il nous attend. C’est la guerre de tous contre tous.
Tout comme ces bêtises sur les privilèges, il ne faut plus accepter ces termes « d’ultras » ou de prétendue « violence ». Nous devons abolir ce vocabulaire de peur visant la division.
Et tout d’abord, nous allons devoir penser à nous.

La première des choses, primordiale, celle qui a présidé à toutes les AG auxquelles j’ai participé jusqu’à présent : nous allons devoir nous écouter. Et cet effort sera d’autant plus important que les points de vue seront bien plus contradictoires maintenant. Il faut absolument décrisper les tensions et que chacun s’exprime librement. Quel que soit le mode de lutte choisi, il faudra veiller à rester unis et solidaires. Oui il faut que la parole circule, partout, et qu’elle soit respectée. Et le seul objectif sera de se demander systématiquement : « qu’est ce qui est le mieux pour nous ? ». La lutte sera longue, nous devons être aussi nombreux à la rentrée. Tout cela, il faut y penser.

Il est inutile de se mentir sur le diagnostic. Nous voyons ici et là la tentation de certains employeurs de surjouer la « formidable » proposition de Valls qui, malgré l’agrément à un texte inacceptable, deviendrait tout à coup un partenaire sur lequel nous pourrions compter. Nous avons bien compris que le seul objectif de cet enthousiasme aussi soudain qu’aveugle était de « sauver » les festivals.

Et bien c’était le meilleur moyen de mettre de l’huile sur le feu. Oui, une analyse juste ne conduit pas au chaos. C’est en toute lucidité que nous devons avancer ensemble.
Le grand mouvement initié par le Printemps des comédiens à Montpellier ne doit pas s’arrêter.

Ce mouvement national a déjà permis une chose essentielle et tellement précieuse :
NOUS N’AVONS JAMAIS ETE AUSSI UNIS

D’autre part, et ce n’est pas négligeable :

- Les intermittents ont profondément compris qu’ils n’étaient pas des privilégiés, que les annexes 8 et 10 n’étaient pas attaquées pour des raisons économiques mais idéologiques, que le Medef voulait à tout prix éviter que notre modèle serve aux autres.
- Tout le monde sait que 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés
- Beaucoup ont bien compris que ce paritarisme était à bout de souffle et qu’il était urgent que l’assurance chômage devienne une grande cause nationale
- Ce que nous défendons, nous le défendons pour tous

Grâce à notre lutte, l’état reconnait que les discussions ne peuvent pas se faire sans les premiers concernés. Le gouvernement communique et parle de « table des négociations ». PARFAIT.

Prenons-les au mot. Nous sommes heureux d’apprendre que ces négociations sont ouvertes à tous. Faisons en jurisprudence : les accords sur l’assurance chômage ne pourront plus se passer sans nous.

De même il est hors de question que les experts de l’Unedic à la solde du Medef décident de nos vies. C’est simple, ils se sont toujours trompés. Pour rappel, ces mêmes « spécialistes » avaient vendu aux syndicats de salariés que l’accord de 2003 ferait 30% d’économies. C’était bien leur seul argument. Nous avions dit que cette réforme précariserait et dépenserait d’avantage. Nous avions raison. Les chiffres sont là, incontestables : l’accord a produit 30% de dépenses supplémentaires pour des gens qui n’en ont pas besoin et précarisé 70% d’intermittents pour compenser ces dépenses. C’est ce qu’on appelle un sacrifice purement idéologique.

Pour des raisons évidentes, nous exigeons que nos experts soient autour de la table. C’est un préalable non négociable.

Nous demandons aussi à tous les sénateurs et députés de soutenir nos propositions. Beaucoup prétendent être à nos côtés. Nous avons connu cela. Et bien nous voulons des preuves. Et la meilleure d’entre elle sera une proposition de loi si nous ne sommes pas écoutés. Nous demandons à ce que ces mêmes élus s’emparent du dossier assurance chômage et agissent pour que les règles de fonctionnement de l’Unedic soient remises en cause.

Nous devons cesser d’être défensif, il faut continuer à avancer, tête haute, regard en face. Reprendre l’offensive nécessaire pour que cette unité, ce diagnostic partagé, cette cause juste soit portée haut et fort dans tous les festivals à venir. Nous devons avoir confiance en nous.

26 juin 2003 – 26 juin 2014 Nos actions n’ont jamais connu de pauses, elles n’en connaitront pas

Samuel Churin

mardi 24 juin 2014

Annonces gouvernementales : la mascarade continue

Annonces gouvernementales sur l'intermittence
Si ce message ne s'affiche pas correctement vous pouvez l'ouvrir ici.
Communiqué
 Annonces gouvernementales 

LA MASCARADE CONTINUE

 
Les propositions du gouvernement Valls, annoncées le 19 juin, sont dérisoires au regard de l'histoire et des enjeux de la question de l'intermittence : si l'accord sur l'assurance chômage conclu il y a trois mois entre les « partenaires sociaux » est inacceptable, les mesures annoncées sont une provocation pour tous ceux qui travaillent depuis douze ans dans un esprit d'ouverture et de raison à des propositions acceptables.
Hier, les organisations et les parlementaires du comité de suivi, auditionnés par le médiateur du gouvernement, Jean-Patrick Gille, dénonçaient unanimement la convention d'assurance chômage du 22 mars 2014.
Aujourd'hui, le Premier Ministre annonce que l'accord sera agréé.
 
Le SYNAVI dénonce le déni de démocratie manifeste que représente cet accord.
Aujourd'hui comme hier, les propositions de l'ensemble du secteur et des parlementaires réunis depuis plus de dix ans au sein du comité de suivi sont ignorées, méprisées : comment se contenter de l'annonce d'une énième mission après toutes celles qui se sont succédées sans résultat depuis 2003 ?
 
L'annonce de l'agrément rend d'autant plus intolérables les « mesures d'apaisement » annoncées concernant les seules annexes 8 et 10 :
  • Croire que la mesure du différé constitue le principal objet du conflit en cours est une erreur totale
Ce qui est en jeu, c'est la protection sociale face aux situations de chômage chronique qui frappent tous les travailleurs, dont les intermittents du spectacle ne sont qu'une catégorie exemplaire. C'est l'ensemble de l'accord Unedic signé le 22 mars qui est inacceptable !
La solution proposée aujourd'hui pour les seuls intermittents est méprisante : le gouvernement neutraliserait  « l'effet du différé » en prenant à sa charge « le manque à gagner » de l'UNEDIC ! Pendant ce temps, les autres mesures s'appliqueront — en particulier la hausse des cotisations patronales et salariales, elle aussi réservée aux seuls employeurs et travailleurs précaires du spectacle — et surtout, le principe de capitalisation des droits instauré par le protocole de 2003, source majeure d'instabilité, perdurera.
C'est un pansement posé sur une prothèse ! Pire, avec les droits rechargeables, ce sont tous les précaires qui glissent vers ce système de capitalisation qui, loin de faciliter leur existence de chômeurs ou de consolider leurs droits sociaux, leur retire toute possibilité d'anticiper leur situation et de maîtriser un tant soi peu leur survie dans la précarité.
Et comment ne pas entrevoir derrrière ce financement compensatoire le début d'acceptation du vieux projet du MEDEF et de la CFDT de constitution d'une caisse « à part » réservée aux salariés des secteurs artistiques ?
  • Croire que six mois de discussions entre les partenaires sociaux de l'UNEDIC, les représentants du secteur des arts vivants et l'État sur « l'ensemble des questions liées à l'intermittence » aboutira naturellement à une solution juste et durable relève de l'angélisme.
Cette proposition ne fait que reprendre l'idée de « concertation » avec les représentants des salariés et des employeurs du secteur pour « lutter contre la précarité » contenue dans l'accord du 22 mars. Nous, organisations paritaires du spectacle, aurions juste le privilège de parler avec les gestionnaires de l'UNEDIC, y compris des « conditions de l'assurance chômage ». Cela fait douze ans que les signataires des accords nationaux nous le refusent, qu'ils ne prennent même pas la peine de considérer le résultat des travaux approfondis menés en 2013 par l'Assemblée Nationale et par le Sénat : aujourd'hui ils accepteraient, parce que le gouvernement le leur demande aimablement, via une mission (encore une) de trois personnalités « indépendantes » ?
Comble du cynisme : l'État entrerait dans la danse ! Pour mieux sortir les intermittents du système de solidarité interprofessionnelle à l'heure où ce chômage chronique qui était l'exception des secteurs du spectacle devient une constante de la vie au travail de millions de nos concitoyens ?
  • Se flatter du maintien des budgets nationaux alloués à la création pour les exercices 2015 à 2017 c'est au mieux faire preuve d'ignorance sur la situation réelle du secteur artistique.
Là encore, s'il y a amélioration par rapport à la perspective de 69 millions de baisse jusqu'ici annoncée, le compte n'y est pas ! La réalité du budget de la Culture ces dernières années c'est baisse ou stagnation, avec pour conséquence la précarisation accrue des structures de création, et donc de leurs salariés, artistes, techniciens, administratifs.
Le SYNAVI, qui rassemble ces structures indépendantes de création, n'a eu de cesse de se battre pour l'augmentation des crédits et une meilleure distribution de ceux-ci. En réalité un « maintien » des crédits nationaux reste le plus souvent synonyme de baisse pour les plus fragiles.
Nous attendons d'un gouvernement « de gauche » (mais ce terme a-t-il encore un sens pour qualifier ce gouvernement et la politique de régression sociale devant laquelle il se dit impuissant ?) qu'il considère comme Jack Lang que « s'il y a crise, c'est une raison supplémentaire non pas pour diminuer, mais pour augmenter les crédits de la culture, les crédits de l'éducation, les crédits de la recherche (…) c'est la seule voie qui nous permet de redonner un sens à notre vie collective » (France Inter le 12/06/14).
 
Non, nous n'agréons pas cette mascarade !
 
Le SYNAVI appelle l'ensemble de ses adhérents, structures de création et lieux de diffusion indépendants, à continuer et amplifier leurs actions et le mouvement pour le NON AGRÉ
MENT de l'accord du 22 mars, condition sine qua non à toute sortie de crise.
 
Lyon, le 23 juin 2014
 
SYNAVI
Maison Kourouma I 36 cours du Général Giraud I 69001 Lyon
Tél : 04.78.39.47.17 
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lundi 23 juin 2014

Bonsoir mesdames et messieurs, je fais parti du collectif des intermittents et précaires de la Loire et si je prends la parole devant vous ce soir, c'est que l'heure est grave. Monsieur Rebsamen, ministre du travail et du dialogue social devrait dans les jours qui viennent signer les accords qui vont régir l'assurance chômage. Encore une fois, les plus précaires se retrouvent être la cible du gouvernement et du MEDEF, qui main dans la main continuent leur travail de démantèlement des acquis sociaux.
Pour les intermittents, un différé d'indemnisation sera appliqués pour pratiquement ¾ de ceux-ci, ne leur permettant pas de toucher leurs indemnisations pendant souvent un mois entier. L'ensemble de ces règles ne donnent aucune lisibilité au demandeur d'emploi pour se projeter. C'est le court terme qui est priorisé, la recherche d'emploi à tout prix !
Depuis plus de 10 ans, les intermittents ont des propositions concrètes longuement élaborées au sein du comité de suivi, composé par certains syndicats de salariés et d'employeurs et par la coordination des intermittents et précaires. Ces propositions auraient permis d'assurer des conditions d'existence dignes à des dizaines de milliers de salariés sans pour autant peser sur le coût de cette prise en charge. Le travail des économistes, parlementaires, députés, sénateurs a, lui aussi, été jeté au panier. Quel déni de démocratie !
Pour les intérimaires, pour plus de 70% d'entre eux, l'accord entraînera une baisse de revenus qui atteindra en moyenne 200 euros par mois. Dans la future convention, l'annexe 4, ne concernera plus les salariés vacataires (y comris ceux de l'Education Nationale, extras de l'hôtellerie, enquêteurs...) mais exclusivement des salariés des agences d'interim. Tous les autres basculeront dans le régime général. Déjà mal rémunérés, ils seront encore moins bien indemnisés qu'il ne l'étaient puisque leurs journées de travail ne vaudra plus 10h mais 5h.
Pour les chômeurs du régime général, il faut savoir qu'aujourd'hui, 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemniés. Pour eux, c'est la course aux petits boulots qui va s'amplifier. Du pain béni pour les employeurs (en 10 ans, l'utilisation de CDD de moins d'1 mois a plus que doublée)
Pour les victimes de licenciement injustifié, ils seront dissuadés de faire usage d'un droit essentiel, celui de saisir le conseil des prud'hommes.
Pour les chômeurs seniors, ils verront mis en cause le maintien de leur allocations jusqu'à l'âge de départ à la retraite.
Toutes ces réformes montrent très clairement que l'on essaie de faire porter le chapeau de la crise à la classe la plus fragilisée. Mais il s'agit bien de leur crise, de leur ultralibéralisme que nous refusons de subir catégoriquement.
Monsieur Rebsamen, ministre du travail ET du dialogue social a déclarer qu'il allait signer cette convention. Nous étions plus d'un millier, lundi à Lyon pour l'accueillir. Celui-ci n'a même pas daigné recevoir une délégation d'intermittents. Quel mépris pour eux !
Qu'il sache que ce que nous défendons, nous le défendons pour toutes et tous et nous appelons à une convergence des luttes, puisque les cheminots sont solidaires du mouvements des intermittents et que nous sommes solidaires du leur aussi. Nous appelons tout le monde à se retrouver tous les jours lors d'AG populaire au Chok Théâtre, 24, rue Bernard Palissy, quartier Saint François de 18h à 20h.
Nous n'aurons que ce que nous prendrons.
Bonsoir la rue des artistes, les artistes à la rue, les artistes dans la rue,
Bonsoir, mesdames et messieurs, nous sommes une délégation du collectif des intermittents et précaires de la Loire et si nous prenons la parole ce soir, c'est que l'heure est grave. Nous n'allons pas vous embrouiller l'esprit avec des points de détails qui font la spécificité de nos métiers du spectacle, nous venons prendre la parole au nom de tous les précaires et chômeurs. Depuis plusieurs mois, de nouvelles négociations au sein de l'UNEDIC cherchent à précariser encore les plus précaires (chômeurs, intermittents, intérimaires...) Ces négociations devraient être signées par le gouvernement et le ministre du travail, les jours qui viennent.
Nous accusons Monsieur Rebsamen, se ministre du travail de haute trahison, puisque celui-ci aussitôt après avoir pris ses fonctions, nous tourne le dos et accepte de signer ces accords de l'UNEDIC. Nous ne voulons pas de ces accords tout comme nous refusons de subir cette crise qui n'est pas la notre, mais celle de banquiers qui jouent au apprenti-sorcier avec nos vies.
Nous accusons le MEDEF de prendre en bouc émissaire la classe la plus fragile du peuple français pour lui faire porter le chapeau de cette crise. Ainsi, en tant qu'intermittents nous nous voyons accusés d'un déficit qui n'existe pas.
Nous accusons les syndicats signataires des accords comme ennemis de la classe ouvrière, ayant depuis bien longtemps oublier le vrai sens du syndicalisme : grève, action directe, solidarité..
Nous accusons certains employeurs de ne pas payer leurs cotisations et d'être la cause du déficit de l'UNEDIC. Voici les véritables voyous, la délinquance ne se trouve pas en prison mais dans les hautes sphères des finances.
Que toutes ces personnes accusées sachent que nous sommes profondément déterminés et que ce que nous défendons, nous le défendons pour tous. Merci de votre écoute et bon concert.